(Verrerie) c'est un terme employé dans les Verreries, lorsque l'on veut parler d'une pièce faite sans que l'ouvrier, pour former l'ouverture, ait attaché sa canne au fond de cette pièce. Cette manœuvre y laisse plus ou moins de matière, et toujours une cassure nécessaire pour séparer la pièce ; et c'est-là ce qu'on appelle le ponty.

L'usage de faire des vaisseaux avec le fond plat est entièrement aboli. Il est assez vraisemblable que la fayence et la porcelaine qui sont devenus si communes en Europe, ont beaucoup contribué à faire disparaitre les vaisseaux de verre devenus moins nécessaires ; leur fragilité naturelle en a dégouté, on leur a préféré des matières plus solides, et les Verriers ont voulu soutenir leurs manufactures en donnant leurs ouvrages à meilleur marché. Ainsi le ponty s'est établi au point qu'il est devenu général ; cependant il forme dans le vaisseau une inégalité qui le rend plus facile à casser, et qui le met hors d'état de soutenir le feu.

Tout l'art de s'abstenir de faire de ponty, ainsi que les Romains l'ont pratiqué, se réduit à tenir le verre que l'on a commencé à former, avec une espèce de tenaille de fer à trois ou à quatre branches. Les Verriers donnent à cet instrument le nom de canne à ressort ; elle est formée par trois ou par quatre lames de fer, dont la largeur est d'un pouce et la longueur depuis un pied jusqu'à trois, suivant le volume de verre que l'on veut exécuter.

L'épaisseur de ces lames ne doit jamais être considérable, mais elle doit toujours être proportionnée à leur largeur, de façon cependant qu'elles soient flexibles. On sent aisément qu'elles sont soudées à l'extrémité, et appliquées aux quatre faces de la barre. Cette barre qui forme la canne est un peu arrondie, et d'une grosseur proportionnée à la longueur des lames. On se sert donc d'une espèce d'anneau de fer pour retenir les vases entre les lames : la figure de cet anneau est conique ; il a quelques lignes d'épaisseur, et sa hauteur est en proportion avec la grandeur de la canne : il doit être fort et bien battu ; on le passe dans la canne, de façon que sa partie la plus large soit du côté des lames pour les mieux serrer et contenir.

La manière dont on emploie cette canne à ressort est des plus simples. Quand l'ouvrier a soufflé un vase, un autre ouvrier présente la canne à ressort, dont il a écarté les lames ; il embrasse le vase en serrant les lames à la faveur de l'anneau. Quand le vase est bien assujetti, le premier ouvrier prend la canne à ressort, coupe ou sépare celle qui lui a servi à souffler, et rien ne l'empêche de former l'ouverture du vase et de la finir à la manière ordinaire. Après ce détail, on ne doit pas être surpris de voir des vases de verre carrés, et sur leurs fonds des cercles tracés en relief. Je dois toutes ces remarques à M. de Caylus, qui les a insérées dans ses Antiq. égypt. étrus. et rom. tome I. (D.J.)