S. m. (Gymnastique) sorte de jeu de balle fort en vogue chez les anciens ; ce mot est dérivé d', j'arrache, parce que dans ce jeu on s'arrachait la balle les uns des autres. Cet exercice recevait plusieurs autres noms grecs qu'il est inutile d'étaler ici ; il suffit de dire qu'il était très-fatiguant et très-propre à fortifier tout le corps. Athénée lui donnait la préférence sur tous les autres jeux qui sont du ressort de la sphéristique.

Pour y jouer, dit M. Burette, on se divisait en deux troupes qui s'éloignaient également d'une ligne nommée , que l'on traçait au milieu du terrain, et sur laquelle on posait une balle. On tirait derrière chaque troupe une autre ligne qui marquait de part et d'autre les limites du jeu : ensuite les joueurs de chaque côté couraient vers la ligne du milieu, et chacun tâchait de se saisir de la balle, et de la jeter au-delà de l'une des deux lignes qui marquait le but, pendant que ceux du parti contraire faisaient tous leurs efforts pour défendre leur terrain et pour envoyer la balle vers l'autre ligne. Ces efforts opposés causaient une espèce de combat fort échauffé entre les joueurs, qui s'arrachaient la balle, qui la chassaient du pied et de la main, en faisant différentes feintes, qui se poussaient les uns les autres, et quelquefois se culbutaient. Enfin le gain de la partie était pour la troupe qui avait envoyé la balle le plus grand nombre de fois dans un jeu, au-delà de cette ligne qui bornait le terrain des antagonistes.

On voit par-là que cet exercice tenait en quelque manière de la course, du saut, de la lutte, et du pancrace. C'est à Pollux, dans son Onomastic. liv. IX. ch. vij. sect. 104. que nous en devons la description. (D.J.)