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Catégorie parente: Beaux-arts
Catégorie : Architecture
S. m. en Architecture, est un petit bâtiment ou engard, pratiqué dans une basse-cour ou dans une maison de campagne, où l'on serre le bois : dans les maisons particulières, c'est un lieu obscur dans l'étage souterrain ou au rez-de-chaussée. Les buchers, chez les princes, s'appellent fourrières, en latin cella lignaria. (P)

* BUCHERS, s. m. (Histoire ancienne) amas de bois sur lesquels les anciens brulaient leurs morts : ces amas étaient plus ou moins grands, selon la qualité des personnes. La loi des douze Tables défendait d'y employer du bois poli et menuisé. On les construisait principalement de larix, d'if, de pin, de frêne, et d'autres arbres qui s'enflamment facilement. On y ajoutait aussi la plante appelée papyrus. On les environnait de cyprès, dit Varron, pour corriger par son odeur celle du cadavre, qui aurait incommodé ceux qui assistaient à la cérémonie, et qui répondaient aux lamentations de la Praefica, jusqu'à ce que le corps étant consumé et les cendres recueillies, elle disait ilicet, retirez-vous.

Le bucher était de forme carrée, à trois ou quatre étages, qui allaient toujours en diminuant comme une pyramide : on l'ornait quelquefois de statues. On versait sur le cadavre du vin, du lait, et du miel. On répandait sur le bucher des parfums, des liqueurs odoriférantes, de l'encens, du cinamome, des aromates, et de l'huile. On donnait au mort la potion myrrhine. Voyez MYRRHE. Cette profusion couteuse d'aromates, de liqueurs, de potions, fut défendue par la loi des douze Tables : outre la dépense superflue, qu'il était de la bonne police d'arrêter, l'exhalaison de tant d'odeurs étouffait quelquefois ceux qui approchaient trop près du bucher.

Après qu'on avait oint le corps, on lui ouvrait les yeux qu'on avait fermés après le dernier soupir. On mettait au mort une pièce de monnaie dans la bouche ; cette coutume a été fort générale en Grèce : il n'y avait que les Hermoniens qui prétendaient passer la barque gratis. C'étaient les plus proches parents du défunt qui mettaient le feu au bucher : ils lui tournaient le dos, pour s'ôter la vue d'un si triste spectacle.

Quand le bucher était allumé, on priait les vents de hâter l'incendie. Achille appele, dans Homère, le vent du septentrion et le zéphyr sur le bucher de Patrocle, et cette coutume passa des Grecs chez les Romains. Quand le bucher était bien allumé, on y jetait des habits, des étoffes précieuses, et les parfums les plus rares. On y jetait aussi les dépouilles des ennemis. Aux funérailles de Jules César les vétérants y précipitèrent leurs armes. On immolait de plus des bœufs, des taureaux, des moutons, qu'on mettait aussi sur le bucher. Quelques-uns se coupaient ou s'arrachaient des cheveux qu'ils y semaient.

Il y a des exemples de personnes qui se sont tuées sur le bucher de celles qu'elles aimaient. Aux funérailles d'Agrippine, Mnestor, un de ses affranchis, se tua de douleur. Plusieurs soldats en firent autant devant le bucher de l'empereur Othon. Pline dit qu'un nommé Philotimus, à qui son maître avait legué ses biens, se jeta sur son bucher. Plusieurs femmes ont eu ce courage. Cette coutume subsiste encore, comme on sait, chez les Banianes. Achille tua douze jeunes Troie.s sur le bucher de Patrocle.

Lorsque le cadavre était réduit en cendres, et qu'il n'en restait que les ossements parmi les cendres, on achevait d'éteindre le bucher avec du vin : on recueillait les restes, et on les enfermait dans une urne d'or. La loi des douze Tables défendit les libations de vin.

Mais tout ce qui précède, ne concerne que les grands et les riches. On brulait les pauvres dans de grands lieux enfermés, appelés ustrina. Voyez USTRINUM.

C'était la mère, les sœurs ou les parentes du défunt qui ramassaient les cendres et les os : elles étaient vêtues de noir : elles les mettaient sous leurs habits. Les fils recueillaient les restes de leurs pères ; au défaut d'enfants, ce devoir était rendu par les autres parents ou par les héritiers. Les consuls ou les premiers officiers des empereurs ramassaient leurs ossements. Au décès d'Auguste, les premiers de l'ordre équestre, les ramassèrent nuds pieds. On enveloppait ces restes dans un linge. Avant que de se retirer, ils criaient tous au défunt, vale, vale, vale, nos te ordine quo natura permiserit cuncti sequemur : " adieu, adieu, adieu nous te suivrons tous, quand la nature l'ordonnera ".

On emportait les os et les cendres du défunt. Voyez les articles FUNERAILLES, BRULER, TOMBEAU, JEUX FUNEBRES, URNE, SEPULCRE, ÉPITAPHE, MAUSOLEE.




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